| Syndicats: La FSU en congrès s'interroge sur son avenir avec la CGT |
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Les Échos.fr 1 février 2010
LAURENCE ALBERT
Gérard Aschieri cède sa place vendredi à Bernadette Groison à la tête de la FSU. La fédération, en quête d'un deuxième souffle, s'interroge sur sa stratégie alors que la réforme de la représentativité change les règles du jeu syndicales.
Une page se tourne, mais des chapitres entiers restent encore à écrire pour la FSU. Et ce seront, peut-être, les plus importants de son histoire. La toute-puissante fédération syndicale enseignante tient à partir d'aujourd'hui à Lille un congrès qui fera sans doute date dans ses annales. D'une part, parce qu'il consacrera vendredi le remplacement de Gérard Aschieri, qui a su, en neuf ans, installer la FSU dans le paysage syndical, par une enseignante du premier degré, Bernadette Groison.
Ensuite parce qu'il intervient dans un moment délicat où, malgré l'accumulation de sujets conflictuels (réforme des lycées, masterisation, suppression de 50.000 postes), la fédération, affaiblie par l'échec de l'intersyndicale, peine à mobiliser ses troupes : à peine 10.000 enseignants ont défilé dans la rue samedi. Enfin, et surtout, parce qu'avec l'extension de la réforme de la représentativité à la fonction publique, qui devrait intervenir cette année, la FSU doit désormais trouver une issue à sa sempiternelle interrogation sur son avenir.
A la recherche de nouveaux alliés
Toute-puissante chez les enseignants (47 % aux élections professionnelles), la FSU, née en 1993 de la scission de la FEN, reste une « petite » dans la cour des grandes centrales syndicales. Constituée à 80 % d'enseignants, de plus en plus du primaire au détriment du secondaire, elle est première chez les fonctionnaires de l'Etat. Mais elle n'a pas réussi à étendre son champ de syndicalisation au reste de la fonction publique et n'est donc « que » la quatrième organisation représentative du secteur. Totalement absente du privé, elle a encore moins voix au chapitre sur les sujets interprofessionnels, un isolement préjudiciable alors que le gouvernement rouvre des dossiers sensibles, comme les retraites. Enfin, elle n'échappe guère à la désaffection générale que subit le syndicalisme et peine à rajeunir ses troupes.
Consciente d'être dans l'impasse, la FSU fait donc peu à peu le deuil de son vieux rêve d'autonomie et se cherche de nouveaux alliés. Elle a, depuis un an, esquissé plusieurs pas en direction de la CGT et, pour faire la balance, Solidaires (manifestations communes…), deux organisations avec lesquelles elle partage la vision d'un syndicalisme « de transformation sociale ». Une démarche qui sera débattue à Lille. « L'enjeu du congrès, c'est de savoir quelle forme prendra la collaboration avec la CGT : quelles structures, quelles conditions ? », explique le sociologue André Robert, spécialiste du syndicalisme enseignant.
Prudent, Gérard Aschieri refuse de parler officiellement d'un « rapprochement ». Il est vrai que si un renforcement des coopérations avec la centrale de Bernard Thibault est acquis, l'hypothèse d'une absorption pure et simple en son sein est prématurée, sinon improbable selon certains. D'autant que l'aile la plus à gauche de la FSU plaide pour la création à terme d'un « pôle de radicalité » avec Solidaires, tandis que d'autres, à l'inverse, estiment que la porte doit être plus largement ouverte « sans exclusive », pourquoi pas avec une partie de l'Unsa, qui, après l'échec de la fusion avec la CGC, veut se rapprocher de la CFDT.
« Ne pas aller trop vite »
Le débat est vif entre les tendances et entre les syndicats : le SNUipp (primaire) est moins favorable que le SNES (secondaire). La FSU joue gros, car nul ne peut prédire vraiment quelle sera la réaction de ses adhérents, très attachés à son autonomie et son identité professionnelle et politiquement moins proches du PC et du monde ouvrier qu'avant. « Il y a des inquiétudes » reconnaît-on au SNES, alors que le SNUipp, souhaite « ne pas aller trop vite ». « Pour que cela fonctionne, il faut que cela n'apparaisse pas comme une opération bureaucratique et que les enseignants prennent conscience que la CGT est en train de changer », remarque le politologue René Mouriaux. Une interrogation perdure cependant : que veut la CGT elle-même ? « Il est possible de faire des choses ensemble même si chacun est très jaloux de son organisation », a déjà indiqué Bernard Thibault. Invité par la FSU à son congrès mercredi, le leader de la CGT se montrera peut-être un peu plus prolixe.
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Posté le Lundi 01 février 2010 à 13:47:46 par DirloNet |
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